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Frise chronologique
vers 30 apr. J.-C.
Construction du rempart romain
Construction du rempart romain
vers 30 apr. J.-C. (≈ 100)
Premier rempart monumental sans fonction militaire.
IVe siècle
Renforcement du rempart romain
Renforcement du rempart romain
IVe siècle (≈ 450)
Ajout de tours défensives face aux invasions.
1209
Destruction par Simon de Montfort
Destruction par Simon de Montfort
1209 (≈ 1209)
Démantèlement pendant la Croisade des albigeois.
1229
Traité de Meaux-Paris
Traité de Meaux-Paris
1229 (≈ 1229)
Démantèlement définitif ordonné par Louis IX.
XIVe siècle
Reconstruction en terre battue
Reconstruction en terre battue
XIVe siècle (≈ 1450)
Guerre de Cent Ans : muraille avec tours.
XVIe siècle
Modernisation face aux Espagnols
Modernisation face aux Espagnols
XVIe siècle (≈ 1650)
Bastions et muraille de 6 mètres de haut.
XVIIIe-XIXe siècles
Démolition massive
Démolition massive
XVIIIe-XIXe siècles (≈ 1865)
Urbanisation et disparition des remparts.
1925-1997
Protections au titre des monuments
Protections au titre des monuments
1925-1997 (≈ 1961)
Classements des vestiges subsistants.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Sections de courtines et tours subsistantes situées sur les parcelles AE 12, 122, 135, 160, 167, 171, 172 : inscription par arrêté du 13 août 1997
Personnages clés
| Simon de Montfort - Chef croisé |
Ordonne la destruction en 1215. |
| Louis IX - Roi de France |
Impose le démantèlement en 1229. |
| François Ier - Roi de France |
Modernise les défenses au XVIe siècle. |
| Joseph-Marie de Saget - Ingénieur du Languedoc |
Conçoit la porte Saint-Cyprien (1776-1789). |
| François Lucas - Sculpteur |
Réalise les allégories de la porte Saint-Cyprien. |
Origine et histoire
Les remparts de Toulouse sont un ensemble de fortifications construites entre le Ier et le XVIe siècle pour protéger la ville. Leur histoire commence sous l’Empire romain, vers 30 apr. J.-C., avec un premier rempart monumental, symbole de prestige pour la colonie de Tolosa. Ce rempart, initialement sans vocation militaire, est renforcé au Bas-Empire (IVe siècle) par des tours défensives, en réponse aux incertitudes politiques et aux migrations germaniques. Il est partiellement détruit lors de la Croisade des albigeois (1209) sur ordre de Simon de Montfort, puis démantelé après le traité de Meaux (1229).
Au XIVe siècle, pendant la guerre de Cent Ans, les Toulousains reconstruisent une muraille en terre battue, flanquée de tours comme celles des Hauts-Murats ou du Sénéchal. Ces dernières, réduites à 3 mètres en 1215, perdent leur fonction militaire et deviennent prison ou dépendance administrative. Au XVIe siècle, face à la menace espagnole, François Ier ordonne la modernisation des défenses : des bastions sont ajoutés, et la muraille est rehaussée à 6 mètres, dépourvue de tours mais dotée d’échauguettes. Ces aménagements reflètent les tensions entre la France et l’Empire de Charles Quint.
La plupart des remparts sont démolis aux XVIIIe et XIXe siècles pour faciliter l’urbanisation. Aujourd’hui, seuls des vestiges subsistent, comme des pans de muraille gallo-romaine (musée de l’Institut catholique), la barbacane de la Porte du Château (intégrée à un immeuble du XIXe siècle), ou les tours des Hauts-Murats et du Sénéchal, protégées depuis 1925. Ces traces archéologiques, souvent visibles dans des sous-sols ou des cours privées, illustrent l’évolution des techniques défensives, des Romains aux Temps modernes.
Le faubourg Saint-Cyprien, sur la rive gauche de la Garonne, possède aussi son propre rempart médiéval, construit au XIIIe siècle puis renforcé au XVe siècle face aux Anglais. La tour Taillefer, haute de 35 mètres, en était l’élément le plus imposant. La porte Saint-Cyprien, édifiée entre 1776 et 1789, marque quant à elle la transition vers une entrée monumentale, symbolique plutôt que défensive, avec ses pavillons sculptés et sa grille en fer forgé, aujourd’hui disparue.
Les fouilles archéologiques, comme celles de l’hôpital Larrey (1988) ou du T.N.T. (1992-1998), ont permis de dater précisément le rempart romain (vers 20-30 apr. J.-C.) et de découvrir des vestiges wisigoths (Ve siècle). Ces études, combinées à des protections au titre des monuments historiques (classements de 1925 à 1997), préservent une mémoire fragmentaire mais précieuse de ces fortifications, dont les noms de rues (Rempart-Saint-Étienne, Escoussières) perpétuent encore le souvenir.